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Benjamin Petit: un artiste aux multiples facettes!

Lionel Richie, Michel Jonasz, Liane Foly, Laam, Doc Gyneco, Julie Zenatti, sont autant de noms célèbres qui font rêver de nombreux musiciens en herbe ou confirmés. Qui n?a jamais souhaité accompagner de telles personnalités en concerts ou en tournées ? Benjamin Petit est l?un de ces musiciens de talent pour qui la scène et les plateaux de télévision n?ont plus de secret. Mais sans plus attendre, faisons place à Benjamin qui a gentiment accepté de se prendre au jeu de la questionnette?

ImageDM : Bonjour Benjamin. Vous êtes saxophoniste et votre carrière en tant que tel est des plus impressionnantes. Pour les jeunes qui vous liront et qui souhaitent, comme vous, en faire leur métier, pouvez-vous nous relater vos débuts en tant qu?instrumentiste ?

BP : Bonjour Magali, tout d?abord merci pour le compliment. Je n?ai en fait pas beaucoup de mérite puisque j?ai commencé le sax assez jeune (10 ans) grâce à des parents très attentifs à mon épanouissement artistique. Ma grand-mère (Yvonne Saint, morte en 1953) était pianiste concertiste reconnue et nous avait légué un piano sur lequel tout au long de mon enfance, je rejouais intuitivement les quelques mélodies que j?entendais. J?ai d?abord suivis des cours particuliers de sax et très vite intégré une école de Jazz (L?EDIM) à Antony (92) où j?apprenais la musique en «atelier» (cad en orchestre). Parallèlement je fondais mon groupe de musicien (au collège puis au lycée) avec qui je faisais quelques concerts (comme la fête de la musique par exemple).
En réalité je n?ai jamais pris la décision objective de devenir musicien professionnel. Je poursuivais mes études d?aéronautique pour devenir pilote de ligne (Math sup puis l?Ecole d?Air France) et je côtoyais quelques amis musiciens rencontrés principalement dans des Jam Sessions parisiennes. Pour gagner ma vie, je donnais des cours de sax ou d?initiation à la musique. Et peu à peu, les musiciens qui m?entouraient (tous professionnelles) me contactaient pour des prestations privées comme des mariages ou des comités d?entreprises ou pour jouer dans des Jazz clubs parisiens. Pendant mes études, j?ai fait la rencontre d?un jeune artiste Sénégalais : Daby TOURE qui m?a proposé de faire partie de son groupe TOURE TOURE. J?avais 18 ans quand ce projet m?a conduit vers ma 1ère participation discographique (chez Pygmalion records) au côté de talents comme Stéphane HUCHARD, Paco SERY (et les musiciens du groupe SIXUN).

DM : Les artistes cités en introduction sont autant de personnalités avec lesquelles vous avez travaillé. Comment êtes-vous parvenu, en si peu de temps, à côtoyer tous ces chanteurs de renom ?

BP : Le 1er artiste « célèbre » avec qui je suis entré en collaboration fut la chanteuse LAAM (en novembre 98, je venais d?avoir 21 ans). A la suite d?une soirée organisée par la maison de disque Heben music pour une amie chanteuse (Lena K) pour son single (« Tous les cris, les SOS ») qui se termina par une Jam funky au casino de Forges les Eaux, je fus contacté pour une tournée avec LAAM. C?est également la 1ère fois que je jouais dans la salle mythique de l?Olympia (très beau souvenir). Puis dés la fin de cette tournée (en juillet 2000) je me présentais pour une audition pour 2 ans de tournée avec Michel Jonasz. Nous étions à l?Olympia tous les soir du mois d?Octobre qui suivi (cf DVD et album live Olympia 2000 de M.J.). La suite de mon parcours est constituée de rencontres identiques au travers de plateaux de T.V. ou radio, séances d?enregistrements en studio et scènes Live. Je dois admettre que la série d?émissions des primes de la Star Academy m?a permis d?accompagner énormément d?artistes prestigieux en un temps record (Lionel Richie, Phil Collins, Beyoncé, John Legend, Joe Cocker ainsi que tous les artistes français actuels les plus importants comme Goldman ou J. Hallyday).

DM : Vous avez été musicien sur tous les prime time des émissions de la Star Academy (Editions 4, 5 et 6). Quelle est votre ressenti vis-à-vis de cette expérience ? Que pensez-vous de ces jeunes artistes talentueux propulsés en haut de l?affiche en quelques semaines seulement ? Sont-ils vraiment prêts à affronter la « jungle » du music hall ? Selon vous, le public aurait-il, sans le savoir, évincé un ou plusieurs artistes de valeur ?

BP : Sur le plan personnel, cette expérience représente pour moi une sorte de mélange de fous rires sarcastiques et de stress lié au timing très limité pour constituer le répertoire de l?émission en une journée. Concernant les candidats, pour ceux que l?on peu qualifier d?artiste, c?est une chance inespérée de se promotionner à l?échelle nationale et je crois qu?ils ont raison de la saisir quand elle se présente (je pense à certaines artistes que je connaissais personnellement avant qu?elles ne se présentent au concours et qui hésitaient avant de répondre positivement à leurs admissions). Certains sont assez solides pour une telle expérience et pourront rebondir (surtout s?ils sont musiciens et talentueux comme mon ami guitariste Edouard ALGAYON qui a intégré l?orchestre Live de l?émission dés 2004). Effectivement, à plusieurs occasions le vote du public ne correspondait pas à mes goûts (je pense à Dominique qui pour moi méritait la victoire devant Cyril) mais il ne s?est pas trompé concernant Grégory LEMARCHAL dont le talent vaut largement son succès selon moi.

ImageDM : Vous êtes très jeune et pourtant, votre parcours professionnel est assez incroyable. Vous vivez actuellement de vos deux passions : l?aviation et le saxophone. Pour ceux qui l?ignorent, vous êtes saxophoniste professionnel mais aussi pilote de ligne. Comment parvenez-vous à concilier vos deux passions ? L?une des deux est-elle parvenue, avec le temps, à prendre le pas sur l?autre ?

BP : C?est déroutant car chaque question que tu poses contient en réalité 3 ou 4 sous questions intrinsèques. J?espère que ça ne te dérange pas que l?on se tutoie (je préfère). Je vais essayer de répondre brièvement mais mon organisation est un peu complexe. En fait après ma prépa (M.sup) j?ai intégré l?Ecole d?Air France (EPAG) à titre privé, j?ai du emprunter des sommes exorbitantes pour financer mes études (à déconseiller excepté à vos pires ennemis). Et je participais à quelques presta les W.E. Dés la fin de mes études (21ans), je suis parti en tournée (Laam puis Michel Jonasz) alors que le marché de l?aviation était particulièrement capricieux. J?ai donc travaillé dans la musique plutôt que dans l?aéronautique par manque d?opportunités professionnelles. Mais dans mon esprit, j?ai toujours pointé l?objectif sur ma vie de pilote de ligne devant toute autre activité. Ainsi, j?ai augmenté mon expérience aéro avec un 1er job d?instructeur pilote vacataire dans une école qui me payait à l?heure sans contrainte de minimum à accomplir. J?ai pu donc organisé mon planning de vol autour de mes contraintes de musicien professionnel chaque mois pendant quelques années. Mais les règles changent ces temps-ci puisque je commence à travailler comme copilote sur Boeing 737 chez Ryanair à partir d?avril 2007. J?aurais 5 jours de vol consécutifs suivis de 4 jours de repos. J?articulerai donc mes engagements de musicien au cours de ces repos réguliers et fréquents.

DM : Comment envisagez-vous votre carrière de saxophoniste dans les mois et années à venir ? Avez-vous de nouveaux projets de collaboration avec des artistes ?

BP : J?envisage ma carrière sur un plan plus créatif qu?alimentaire désormais. En effet jusqu?à maintenant, ma source de revenu principale était sans nul doute la musique. Mais vu les derniers évènements de ma vie de pilote, je peux dès maintenant me consacrer à la création d?un projet artistique plus personnel (comme mon 1er album par exemple) et continuer ponctuellement quelques prestations qui me tiennent à c?ur. Récemment, je suis entré en collaboration avec Quentin Bachelet (le fils de Pierre) qui réalise beaucoup d?albums en ce moment comme le dernier Chimène Badi par exemple. Nous avons enregistré le prochain single de Vincent Niclot (chanteur de « Autant en emporte le vent »), chanson qui fera parti de la B.O. d?un film prochain : « Disco » (de Franck Dubosc).

DM : Si vous aviez un conseil à donner à tous ces jeunes musiciens que votre carrière impressionne, quel serait-il ?

BP : Je ne sais pas si je suis en bonne position pour donner des conseils à qui que ce soit. Mon chemin de vie n?est pas exemplaire. Je crois que chaque parcours est valable dès lors qu?il reste cohérent et fidèle à un objectif stable et réaliste. J?ai compris assez tôt que la précarité ne constitue pas forcément une racine de chaque carrière artistique et que les professions plus conventionnelles ne sont pas toujours très sécurisantes. J?ai passé beaucoup plus de temps à accomplir mon projet de pilote de ligne qu?il ne m?en a fallu pour percer en tant que musicien instrumentiste. Je constate juste que le seul paramètre constant chez la plupart des musiciens « à succès » que je connais est la détermination. Tous ceux qui ont réussi ont tenté leur chance en s?impliquant à 100% dans leur projet, par le travail (acharné), la patience (le succès n?est pas immédiat) et l?initiative (de sortir rencontrer d?autres musiciens dans des jam par exemple).

DM : Merci beaucoup Benjamin !

BP : Merci à toi et j?espère à bientôt.